Réduction PME sur les redevances de brevets : un dispositif recentré et une formalité à anticiper

Le décret du 30 juin 2026 portant simplification du Code de la propriété intellectuelle modifie les conditions d’accès au tarif réduit applicable aux principales redevances de brevets de l’INPI. Ces nouvelles dispositions s’appliquent aux demandes de brevet déposées à compter du 2 juillet 2026.

Une évolution notable concerne le périmètre des entreprises éligibles. Jusqu’à présent, les entreprises de moins de 1000 salariés pouvaient bénéficier de la réduction de 50 % des principales redevances de procédure. Désormais, ce plafond est ramené à 250 salariés. Cette disposition aligne le dispositif français sur la définition européenne des petites et moyennes entreprises. Cette modification exclut donc du bénéfice de la réduction un nombre significatif d’entreprises de taille intermédiaire qui y avaient jusqu’à présent accès.

Rappelons à cette occasion que de nombreux pays ont pris des dispositions nationales qui leur sont propres pour définir des typologies de titulaires bénéficiant d’une réduction de taxes. Il est donc courant qu’une entreprise réponde aux critères d’éligibilité dans un pays et pas dans un autre.

Notons également que la réduction doit désormais être sollicitée dès le dépôt de la demande de brevet, avec la seule indication de la catégorie à laquelle appartient le déposant (PME ou organisme à but non lucratif). Il n’est donc plus possible de régulariser cette demande dans le délai d’un mois suivant le dépôt, mais, en contrepartie, aucune attestation justificative n’est désormais exigée lors du dépôt.

La question est sensible. Nos conseils en propriété industrielle et avocats seront des interlocuteurs essentiels pour bénéficier des avantages vfinanciers disponibles. Vous pouvez les contacter à l’adresse suivante : contact@alatis.eu

La Classification de Nice 2026 : l’adaptation du droit des marques aux nouvelles mutations technologiques et à l’intelligence artificielle

La classification internationale des produits et services, dite classification de Nice, constitue un instrument central du droit des marques, permettant d’organiser de manière harmonisée les catégories de produits et services revendiqués lors du dépôt d’un signe distinctif. Administrée par l’OMPI, cette classification fait l’objet de révisions régulières afin de refléter les évolutions économiques, technologiques et commerciales contemporaines1.

Entrée en vigueur le 1er janvier 2026, la treizième édition de la classification de Nice (NCL 13-2026) s’inscrit dans cette dynamique d’adaptation continue. Elle introduit à la fois des ajustements techniques, notamment des transferts de produits entre classes, des clarifications terminologiques, et des évolutions plus structurelles, marquées par la prise en compte croissante des innovations numériques2.

Parmi ces évolutions, l’intégration explicite de certains services liés à l’intelligence artificielle témoigne d’une transformation profonde du paysage économique et de la nécessité pour le droit des marques de s’adapter à de nouveaux objets immatériels.

Dès lors, la classification de Nice 2026 ne se limite pas à une simple mise à jour technique : elle révèle une mutation plus large du droit des marques, confronté à des enjeux de qualification, de protection et de stratégie dans un environnement numérique en constante évolution.

I. Une modernisation technique de la classification fondée sur une logique fonctionnelle

La treizième édition de la classification de Nice s’inscrit dans une logique de rationalisation du système, en opérant une réorganisation des produits et services fondée sur leur fonction réelle et en renforçant la clarté des libellés, afin de garantir une meilleure sécurité juridique pour les déposants.

A. Une réorganisation des classes guidée par lusage réel des produits et services

La version 2026 de la classification de Nice marque une évolution significative dans la manière d’appréhender le classement des produits et services, en privilégiant désormais une approche fondée sur leur usage fonctionnel réel plutôt que sur des critères historiques ou techniques.

Cette logique se manifeste notamment à travers plusieurs reclassements majeurs. Ainsi, les produits optiques tels que les lunettes de vue, les lunettes de soleil ou encore les lentilles de contact, historiquement classés en classe 9, sont désormais intégrés à la classe 10, relative aux dispositifs médicaux, en raison de leur finalité thérapeutique ou corrective3.

De même, les véhicules de secours, auparavant classés en classe 9, sont transférés vers la classe 12 afin d’être regroupés avec l’ensemble des moyens de transport, ce qui renforce la cohérence du système4.

Par ailleurs, la redistribution des huiles essentielles selon leur usage: cosmétique (classe 3), médical (classe 5) ou alimentaire (classe 30), illustre également cette volonté de classification fonctionnelle5.

Ces ajustements traduisent une évolution importante : la classification n’est plus uniquement descriptive, mais tend à devenir économiquement pertinente, en se rapprochant des réalités du marché.

B. Une clarification des libellés au service de la sécurité juridique

 Parallèlement à cette réorganisation structurelle, la réforme de 2026 s’accompagne d’un effort significatif de clarification des libellés et des notes explicatives6, visant à renforcer la lisibilité et la prévisibilité du système classificatoire.

Cette clarification se traduit d’abord par une précision accrue des termes utilisés, afin de limiter les ambiguïtés susceptibles d’affecter l’interprétation des produits et services revendiqués. À titre d’exemple, la notion d’« huiles essentielles », qui pouvait auparavant être appréhendée de manière globale, fait désormais l’objet d’une distinction explicite selon l’usage auquel ces produits sont destinés. Ainsi, les huiles essentielles à usage cosmétique relèvent de la classe 3, celles à usage médical de la classe 5, tandis que celles destinées à un usage alimentaire sont classées en classe 30. Cette ventilation permet d’éviter des interprétations divergentes et d’assurer une meilleure adéquation entre le produit et sa fonction économique.

De même, la classification de Nice 2026 procède à une reformulation de certains libellés afin de refléter plus fidèlement la réalité des produits concernés. L’exemple du reclassement des lunettes est à cet égard révélateur : la clarification ne réside pas uniquement dans leur transfert de la classe 9 à la classe 10, mais également dans la distinction désormais opérée entre les dispositifs optiques à finalité médicale et les dispositifs électroniques intégrant des fonctionnalités avancées, tels que les lunettes intelligentes, qui demeurent en classe 9. Cette précision contribue à éviter une confusion entre des produits relevant de logiques économiques distinctes.

Par ailleurs, l’introduction explicite de nouvelles catégories, telles que les services d’« intelligence artificielle en tant que service » (AIaaS) en classe 42, participe également de cet effort de clarification. Là où les services liés à l’intelligence artificielle pouvaient auparavant être englobés dans des formulations génériques telles que « services informatiques » ou « développement de logiciels », la classification de 2026 opère une désignation plus ciblée, facilitant ainsi l’identification et la protection de ces activités émergentes.

Enfin, la révision des notes explicatives accompagnant chaque classe permet de mieux délimiter leur champ d’application, en précisant les inclusions et exclusions. Ces indications jouent un rôle essentiel dans la pratique, notamment pour les offices et les praticiens, en contribuant à une interprétation harmonisée de la classification à l’échelle internationale.

Ainsi, la clarification des libellés ne constitue pas une simple amélioration rédactionnelle, mais un véritable outil de sécurisation juridique, en ce qu’elle permet de réduire les incertitudes interprétatives et d’encadrer plus strictement l’étendue de la protection conférée aux marques.

 

II. Une adaptation progressive du droit des marques aux mutations numériques et à l’intelligence artificielle

Au-delà de sa dimension technique, la réforme de 2026 révèle une transformation plus profonde du droit des marques, confronté à l’émergence de nouveaux objets immatériels et à la montée en puissance de l’économie numérique.

A. L’intégration explicite des services liés à l’intelligence artificielle

L’une des évolutions les plus significatives de la Classification de Nice 2026 réside dans la reconnaissance expresse des services relevant de l’intelligence artificielle. Alors que les versions antérieures permettaient déjà d’appréhender ces activités à travers des libellés généraux tels que « conception de logiciels », « programmation informatique » ou « services scientifiques et technologiques », la nouvelle édition consacre désormais explicitement certains services d’« Artificial Intelligence as a Service » (AIaaS) au sein de la classe 427.

Cette insertion traduit une adaptation nécessaire du droit des marques à l’évolution rapide des modèles économiques numériques. En effet, l’intelligence artificielle n’est plus seulement une technologie intégrée à un produit ou à un logiciel ; elle constitue désormais une prestation autonome, commercialisée sous forme de service, accessible à distance et exploitée dans des secteurs variés, allant de la santé à la finance, en passant par le marketing ou l’industrie. La classification de Nice prend ainsi acte du passage d’une économie du logiciel à une économie de l’algorithme.

Sur le plan pratique, cette précision revêt une importance majeure pour les déposants. Auparavant, les entreprises proposant des solutions d’intelligence artificielle devaient recourir à des libellés relativement larges, susceptibles de générer des incertitudes quant à l’étendue réelle de leur protection. L’introduction d’un libellé spécifique permet désormais d’identifier plus précisément l’activité revendiquée, de réduire les risques d’observations de la part des offices et d’améliorer la sécurité juridique du dépôt8.

Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large d’adaptation de la classification aux nouvelles technologies. À titre d’exemple, les services de « Software as a Service » (SaaS) et de « Platform as a Service » (PaaS), autrefois appréhendés de manière imprécise, avaient déjà été progressivement intégrés dans les versions antérieures de la classification9. L’ajout de l’AIaaS constitue donc une prolongation logique de cette modernisation, en reconnaissant l’autonomie économique et juridique des services algorithmiques.

L’intérêt stratégique de cette clarification est considérable. Une entreprise développant des outils d’analyses, des moteurs de recommandation ou des solutions d’automatisation intelligente pourra désormais revendiquer sa marque en visant expressément les services d’intelligence artificielle. Cette précision renforce non seulement la protection du signe, mais facilite également les recherches d’antériorités et la surveillance concurrentielle.

L’introduction de nouveaux libellés relatifs à l’intelligence artificielle dans l’édition 2026 de la Classification de Nice témoigne de l’adaptation progressive des outils de classification aux évolutions technologiques récentes. Elle permet aux déposants de désigner avec davantage de précision les services liés à l’intelligence artificielle et de mieux délimiter le périmètre de protection recherché. Cette évolution contribue ainsi à une identification plus claire des activités couvertes par la marque et répond aux besoins des acteurs économiques intervenant dans ce secteur en forte croissance.

 

B. Les enjeux juridiques et stratégiques pour les titulaires de marques

Si l’intégration explicite de nouvelles catégories de produits et de services constitue l’une des innovations majeures de la Classification de Nice 2026, son intérêt véritable réside dans les conséquences pratiques qu’elle emporte pour les titulaires de marques. La réforme dépasse en effet la simple technique classificatoire : elle affecte directement les stratégies de dépôt, la gestion des portefeuilles et la défense des droits.

En premier lieu, la nouvelle classification invite les opérateurs à procéder à un audit régulier de leurs portefeuilles de marques. Les libellés adoptés sous l’empire des versions antérieures peuvent ne plus refléter avec précision les activités effectivement exercées. Cette situation est particulièrement sensible dans les secteurs technologiques, où l’évolution rapide des modèles économiques peut entraîner un décalage entre la protection enregistrée et l’exploitation réelle du signe. Une entreprise active dans le développement de solutions numériques doit ainsi s’interroger sur l’opportunité d’étendre ou d’actualiser sa protection afin d’assurer une couverture optimale de ses activités.

En deuxième lieu, la réforme modifie sensiblement les conditions de la recherche d’antériorités. La reclassification de certains produits et l’introduction de nouvelles formulations imposent une analyse plus approfondie, dépassant la simple consultation d’une classe déterminée. La Cour de justice de l’Union européenne juge de manière constante que l’appréciation de la similarité des produits et services doit être globale et indépendante de la seule classification administrative, laquelle ne revêt qu’une fonction indicative10. L’appréciation doit donc porter sur la nature, la destination, les circuits de distribution et le caractère complémentaire des activités en cause.

Cette exigence se révèle particulièrement importante dans un environnement où les frontières sectorielles deviennent de plus en plus poreuses. Un même actif technologique peut relever de plusieurs classes selon son mode d’exploitation, sa forme de commercialisation ou sa finalité économique. La stratégie classificatoire doit ainsi être pensée de manière globale et prospective.
La réforme renforce également les obligations de surveillance concurrentielle. Les titulaires doivent adapter leurs systèmes de veille afin d’intégrer les nouvelles terminologies introduites par la version 2026. Une surveillance fondée exclusivement sur les anciens libellés pourrait laisser échapper des dépôts concurrents visant des activités substantiellement identiques. Cette vigilance constitue aujourd’hui un impératif, en particulier dans les secteurs innovants caractérisés par une forte densité concurrentielle.

Au-delà de la défense, la classification joue également un rôle central dans la valorisation économique de la marque. Une désignation précise des produits et services améliore la lisibilité du portefeuille, facilite les opérations de licence, de cession ou de due diligence, et renforce l’attractivité de l’actif auprès des investisseurs. Dans le cadre d’opérations de financement ou de restructuration, la qualité du libellé constitue souvent un élément déterminant de l’évaluation.

Enfin, l’évolution régulière de la Classification de Nice souligne la nécessité d’une gestion dynamique et anticipative des droits de marque. Le dépôt ne peut plus être envisagé comme un acte ponctuel, mais comme un processus continu, impliquant une adaptation constante aux transformations du marché et aux innovations technologiques.
Ainsi, la Classification de Nice 2026 confirme que la protection des marques s’inscrit désormais dans une logique stratégique globale, au croisement du droit, de la technologie et de la valorisation économique des actifs immatériels.

 

Feryel AJMI, Docteure en droit

Anne DESMOUSSEAUX, Associée

 

Sources :

[1] Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), Classification de Nice – Introduction générale, dernière version disponible.
[2] OMPI, Entrée en vigueur de la 13e édition de la classification de Nice (NCL 13-2026), communiqué officiel, 2025.
[3] OMPI, NCL 13-2026, modifications relatives aux classes 9 et 10 (reclassement des produits optiques).
[4] Ibid., modifications relatives aux classes 9 et 12 (véhicules de secours).
[5] OMPI, NCL 13-2026, redistribution des huiles essentielles selon leur usage fonctionnel.
[6] OMPI, Notes explicatives de la classification de Nice 2026.
[7] OMPI, Classification de Nice, 13e éd., version 2026, classe 42, inclusion du libellé « Artificial Intelligence as a Service (AIaaS) ».
[8] V. également les mises à jour des bases TMclass et Madrid Goods & Services Manager, alignées sur la version NCL 13-2026.
[9] Avant 2020, les services informatiques pouvaient déjà être protégés, mais ils étaient formulés de manière générique (ex : “services informatiques”, “hébergement de logiciels”). À partir de 2020 (NCL 11-2020) l’intégration des services SaaS et PaaS a constitué une première étape dans l’adaptation de la classification aux modèles numériques, prolongée aujourd’hui par la reconnaissance des services d’intelligence artificielle.
[10] CJCE (devenue CJUE), Affaire n°C-39/97, 29 sept. 1998, Canon Kabushiki Kaisha v Metro-Goldwyn-Mayer Inc.; CJUE, 19 juin 2012, Affaire n° C-307/10, Chartered Institute of Patent Attorneys v Registrar of Trade Marks (IP Translator).

Propriété intellectuelle, propriété industrielle, droit d’auteur, brevets… De quoi parle‑t‑on ?

Vous créez, innovez, développez une marque ou un produit ? Vous êtes donc concerné par la propriété intellectuelle. Cette notion regroupe l’ensemble des règles qui protègent vos créations immatérielles et vous donnent un droit exclusif pour les exploiter.
La propriété intellectuelle se divise en deux grands ensembles :

  • la propriété littéraire et artistique ;
  • la propriété industrielle.

Comprendre ces catégories vous permettra de choisir la bonne stratégie de protection pour vos projets.

1) Propriété littéraire et artistique : protéger vos œuvres

La propriété littéraire et artistique couvre principalement le droit d’auteur et les droits voisins. Elle vise les créations de l’esprit : textes, logiciels, œuvres graphiques, musicales, audiovisuelles, etc.

a) Le droit d’auteur

Le droit d’auteur vous protège en tant qu’auteur d’une création littéraire ou artistique, par exemple une œuvre d’art appliqué, une peinture, une sculpture ou une œuvre musicale. Il peut en particulier vous conférer deux types de prérogatives complémentaires :

  • les droits moraux ;
  • les droits patrimoniaux.

Les droits moraux protègent votre lien personnel en tant qu’auteur avec votre œuvre :

  • le droit au respect du nom de l’auteur ;
  • le droit au respect de l’intégrité de l’œuvre ;
  • le droit de divulgation ;
  • dans certaines conditions, les droits de retrait et de repentir.

Ces droits sont attachés à la personne de l’auteur, et sont en principe perpétuels et inaliénables, de sorte que l’œuvre reste durablement associée à son créateur.

Les droits patrimoniaux régissent quant à eux l’exploitation économique de votre œuvre. Ils comprennent notamment :

  • le droit de reproduction ;
  • le droit de représentation.

Vous pouvez céder ces droits ou en concéder la licence, autrement dit les revendre ou autoriser des tiers à les exploiter en contrepartie de redevances, généralement pour une durée limitée et dans un cadre négocié (contrat d’édition, de production, de diffusion, etc.)

b) Les droits voisins

Les droits voisins complètent le droit d’auteur. Ils vous protègent lorsque vous intervenez dans la mise à disposition d’œuvres auprès du public. Ils visent par exemple :

  • les artistes‑interprètes ;
  • les producteurs de phonogrammes et de vidéogrammes ;
  • les entreprises de communication audiovisuelle.

Ces droits reconnaissent votre contribution essentielle à la diffusion des œuvres et vous confèrent des prérogatives propres (rémunérations, autorisations, etc.).

2) Propriété industrielle : protéger vos innovations et vos signes distinctifs

La propriété industrielle vise les actifs utilisés dans l’industrie et le commerce : inventions techniques, marques, design de produits, etc. Elle vous permet de sécuriser un avantage concurrentiel en vous accordant un monopole d’exploitation limité dans le temps, en contrepartie d’un dépôt formel.

Elle comprend principalement :

  • les brevets d’invention ;
  • les marques ;
  • les dessins et modèles ;
  • d’autres titres d’usage plus restreint (indications géographiques, certificats d’obtention végétale, topographies de semi-conducteurs, …).

L’obtention de ces droits nécessite de votre part un dépôt auprès d’un office compétent (en France, l’INPI, ou des offices régionaux et internationaux).

a) Les brevets d’invention

Le brevet protège vos inventions, c’est‑à‑dire les solutions techniques nouvelles apportées à des problèmes techniques. Pour obtenir un brevet d’invention, votre invention doit en principe :

  • être nouvelle ;
  • impliquer une activité inventive ;
  • être susceptible d’application industrielle.

D’autres exigences peuvent s’appliquer selon le domaine technique de vos inventions (dépôt de matière biologique, demande d’autorisation de mise sur le marché pour les produits pharmaceutiques, vétérinaires et phytosanitaires, etc.)

En tant que titulaire d’un brevet, vous bénéficiez d’un droit exclusif sur l’invention couverte : vous pouvez alors interdire à des tiers de fabriquer, d’utiliser, d’offrir ou de commercialiser l’invention sans votre autorisation. Cette protection vous est accordée pour une durée limitée (en général 20 ans à compter du dépôt), sous réserve du paiement des taxes de maintien en vigueur. En contrepartie, votre demande de brevet est publiée et son contenu, c’est-à-dire la description technique de l’invention, devient accessible au public.

b) Les marques

La marque est un signe distinctif qui permet d’identifier vos produits et services et de les distinguer de ceux de vos concurrents. Il peut s’agir :

  • d’un mot ou d’un nom ;
  • d’un logo ;
  • d’un slogan ;
  • voire, sous certaines conditions, d’une forme ou d’un son.

Son dépôt vous confère un droit exclusif d’usage pour les produits et services désignés. Une protection vous est accordée pour une durée déterminée (par exemple 10 ans en France) et présente l’avantage de pourvoir être renouvelée indéfiniment, à condition pour vous de renouveler les titres et de faire un usage sérieux de la marque enregistrée.

c) Les dessins et modèles

Les dessins et modèles protègent l’apparence de vos produits ou d’une partie de ceux-ci : lignes, contours, couleurs, forme, texture. Ils visent l’aspect esthétique d’une création industrielle ou artisanale, indépendamment de sa fonction technique.

Le dépôt d’un dessin ou modèle vous confère un droit exclusif interdisant la reproduction ou l’imitation non autorisée de cette apparence. La protection vous est accordée pour une durée initiale (souvent 5 ans), renouvelable par périodes successives, jusqu’à une durée maximale généralement fixée à 25 ans.

3) En pratique : pourquoi se faire accompagner ?

Choisir entre droit d’auteur, marque, brevet ou dessin et modèle n’est pas toujours évident, surtout lorsque plusieurs protections peuvent se cumuler (par exemple une innovation technique, sa marque et son design). Développer une stratégie de propriété intellectuelle cohérente permet de :

  • sécuriser vos investissements en R&D, communication et design ;
  • convaincre des investisseurs éventuels ;
  • créer ou valoriser des droits sur vos actifs immatériels dans l’entreprise ;
  • prévenir les litiges ou mieux réagir en cas de contrefaçon de ces actifs ;
  • structurer vos contrats de licence, de cession ou de partenariat.

Le cabinet ALATIS peut vous aider à identifier les actifs à protéger, déterminer les titres les plus appropriés à votre situation et vous accompagner dans les dépôts, la gestion et l’exploitation de vos droits.

Clément Deviers, Ingénieur brevet – Anne Desmousseaux, Associée

Dépôt de marque et de design : l’EUIPO enregistre un record en 2025

En 2025, l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) a enregistré un nombre record de dépôts de marques et de dessins et modèles. Cette tendance confirme une réalité essentielle pour les entrepreneurs : la protection de la marque et du design est devenue un enjeu stratégique majeur pour développer, sécuriser et valoriser une entreprise en Europe.

Un nombre historique de dépôts à l’EUIPO

Avec 327 735 demandes de titres de propriété intellectuelle déposées en une seule année, l’EUIPO atteint son plus haut niveau depuis sa création. Cette progression de 7,8 % par rapport à 2024 illustre l’importance croissante du dépôt de marque européenne et du dépôt de design pour les entreprises, toutes tailles confondues.

Pour les entrepreneurs, ces chiffres montrent que la concurrence s’intensifie : ne pas protéger sa marque ou son produit expose à des risques juridiques et commerciaux importants.

Le dépôt de marque européenne, un levier de croissance pour les entrepreneurs

Les marques de l’Union européenne (MUE) représentent près de 200 000 demandes en 2025, avec une hausse de plus de 9 % sur un an. Ce titre permet de protéger une marque dans les 27 États membres de l’Union européenne via une seule procédure.

Les entrepreneurs européens restent les principaux utilisateurs du système, mais les entreprises étrangères (notamment chinoises et américaines) déposent de plus en plus de marques en Europe, renforçant la pression concurrentielle sur les noms, logos et signes distinctifs.

Les secteurs les plus concernés par les dépôts de marques sont :

  • publicité et gestion d’entreprise,
  • technologies et services numériques,
  • appareils électriques,
  • habillement, chaussures et accessoires,
  • éducation et activités sportives.

👉 Pour un entrepreneur, déposer sa marque dès le lancement du projet est aujourd’hui indispensable.

Le dépôt de design (dession ou modèle): protéger l’apparence de vos produits

Le dépôt de dessin et modèle de l’Union européenne connaît également une croissance continue, avec plus de 130 000 demandes en 2025. Le design est un élément clé de différenciation, en particulier dans les secteurs du e-commerce, de l’industrie, de la mode et des produits technologiques.

Protéger un design permet notamment de :

  • empêcher la copie par des concurrents,
  • sécuriser les investissements en R&D et en marketing,
  • augmenter la valeur de l’entreprise (levée de fonds, cession, licence).

Nouvelles protections pour les savoir-faire locaux

Depuis décembre 2025, l’EUIPO est également compétent pour l’enregistrement des indications géographiques artisanales et industrielles. Ce nouveau dispositif permet aux entreprises et artisans de protéger des produits liés à un territoire et à un savoir-faire spécifique.

Cette protection constitue une opportunité supplémentaire de valorisation commerciale, notamment pour les entrepreneurs positionnés sur des produits à forte identité régionale.

Pourquoi se faire accompagner par un cabinet en propriété intellectuelle ?

Le dépôt de marque, le dépôt de design ou la protection d’un savoir-faire nécessitent une analyse juridique approfondie : disponibilité de la marque, choix des classes, stratégie de protection, anticipation des risques d’opposition ou de litige.

👉 Notre cabinet accompagne les entrepreneurs à chaque étape :

  • recherche d’antériorités et analyse de disponibilité,
  • définition de la stratégie de dépôt (France, UE, international),
  • dépôt de marque et de dessins et modèles auprès de l’EUIPO,
  • suivi des procédures et défense des droits,
  • conseil en valorisation et exploitation des actifs immatériels.

Ce que les entrepreneurs doivent retenir

Les chiffres record de l’EUIPO en 2025 envoient un message clair : les entreprises qui protègent tôt leurs marques, designs et savoir-faire prennent un avantage concurrentiel durable.

Dans un environnement économique de plus en plus concurrentiel, la propriété intellectuelle n’est plus une formalité, mais un outil stratégique au service de la croissance et de la pérennité des entreprises.

 


📩 Vous êtes entrepreneur ?
ALATIS est en mesure de vous accompagner dans la protection et la valorisation de vos actifs de propriété intellectuelle, en France, en Europe et à l’international.

Qu’est-ce qu’une étude de liberté d’exploitation ?

Liberté d’exploitation ou Freedom to operate

Une étude de liberté d’exploitation, souvent désignée par l’acronyme anglais FTO (Freedom To Operate), est une analyse juridique visant à déterminer si des actes tels que la fabrication, l’importation, l’utilisation, la mise sur le marché ou la vente d’un produit ou d’un procédé technique donné peuvent être accomplis sans porter atteinte à des droits de propriété intellectuelle de tiers, en pratique essentiellement des brevets, dessins et modèles ou marques en vigueur.

L’étude de liberté d’exploitation vise ainsi à cartographier le risque juridique que peut présenter la réalisation des actes précités. Une telle étude est circonscrite territorialement et dans le temps : un brevet bloquant en Allemagne peut être sans effet en France, et inversement. En outre, un brevet expiré ou révoqué n’est plus un obstacle.

Analyse de l’étendue de la protection

Attention, une telle étude ne s’intéresse pas à la validité des droits des tiers, mais à la question de savoir s’il existe des droits de tiers en vigueur qui restreignent l’exploitation envisagée dans des territoires donnés. Elle est également à distinguer d’une opinion sur la validité des titres examinés, qui peut toutefois la compléter.

Elle commence donc par la définition de l’objet dont l’exploitation est envisagée (caractéristiques techniques, variantes réalistes, usages effectifs), puis elle identifie les titres pertinents en vigueur dans les pays visés. Chaque titre retenu est ensuite analysé par comparaison technique avec le produit ou procédé envisagé, afin d’évaluer le risque de contrefaçon littérale ou par équivalents.

Risque de contrefaçon

Lorsque l’étude de liberté d’exploitation détecte un risque de contrefaçon dans un territoire donné, différentes voies d’action sont envisageables : modification de la conception afin de contourner l’obstacle détecté, licence d’utilisation, acquisition de droits, abandon du projet, mise en cause de la validité du titre, voire acceptation d’un risque résiduel.

Enfin, point crucial : une liberté d’exploitation positive, c’est-à-dire ne détectant pas de risque particulier, n’accorde aucun droit exclusif. Elle signifie seulement que, dans l’état de l’art juridique analysé, rien n’interdit d’exploiter.

Intérêt de l’étude

Cet outil d’aide à la décision est stratégique et indispensable avant un lancement industriel ou commercial. Vous avez pour projet de mettre sur le marché un nouveau produit, ou d’exploiter un nouveau procédé technique ? Les experts du réseau Alatis peuvent vous assister dans l’étude des risques de propriété intellectuelle associés. Vous pouvez nous contacter à l’adresse suivante : contact@alatis.eu.

Sous-traitance et propriété intellectuelle : attention, le client n’est pas automatiquement le propriétaire

ALATIS : maximisez la protection de vos actifs grâce à nos formations en Propriété Intellectuelle